CYBERATO Alter-perspectives disputables

PEER REVIEWS : “Open access” and “Open science”

Date de publication : 17-11-2014
L’éditeur d’une revue scientifique payante vend des textes dont il s’efforce d’assurer l’authenticité auprès des acheteurs. Il garantit sa marchandise en s’appuyant d’une part sur une garantie scientifique fournie par un « comité de lecture » ou « comité d’évaluation scientifique » et d’autre part sur une garantie commerciale dont il est le seul juge eu égard aux ventes. Pour les auteurs des textes, l’accès à la publication est donc soumis à la fois à l’arbitraire du « comité de lecture » avec lequel il ne peut avoir aucune divergence scientifique majeure et à l’arbitraire de l’éditeur qui se soucie avant tout du montant de ses ventes. Afin de se libérer de la garantie commerciale, certains éditeurs ont décidé récemment de mettre gratuitement leur revue à disposition des utilisateurs sur le Net. Cependant, cet « open access » reste la plupart du temps soumis à la garantie scientifique d’un « comité de lecture » ou « comité d’évaluation scientifique » dont les décisions ne peuvent faire l’objet d’aucun recours. En plus la compétence des évaluateurs protégés par l’anonymat ne peut être mise en cause. Ou l’auteur d’un article rejeté (« rejected », dans le jargon habituel, avec ou sans encouragements à amender le texte) accepte de faire des modifications parfois majeures dans son texte ou il refuse de faire ces modifications et le rejet de son texte par l’éditeur est définitif. L’arbitraire de ces décisions unilatérales est d’ailleurs renforcé par le refus du débat contradictoire entre l’auteur et ses censeurs. La garantie d’édition par un « comité de lecture » ou un « comité d’évaluation scientifique » (« peer reviewers ») n’est pas une garantie scientifique. La publication simultanée du texte et de son évaluation en « open science » est la seule manière de mettre fin à cette situation de double fausse garantie commercialo-scientifique qui freine l’innovation et empêche toute discussion critique. En revanche, comme en « open science » l’article et son évaluation restent simultanément à disposition des lecteurs, les experts se donnent davantage de peine pour les évaluer et les auteurs contrôlent encore plus sérieusement leurs études au préalable. Les textes scientifiques ne sont pas des produits ayant une valeur marchande garantie par un vendeur fut-il étayé par un « comité de lecture » d’experts aux décisions sans appel.