CYBERATO Alter-perspectives disputables

e-Eratosthène

  • Structures spatiales, liens espace/matière

    Date de publication : 19-01-2011
    Auteurs : 
    Activité: 
    Doctorant EHESS Paris
    Adresse: 
    42 rue Paul Valéry 75116 Paris France

    L’espace est une entité abstraite, immatérielle, difficile à définir. Pourtant l’existence de l’espace sous-tend l’existence de toutes choses. Nous faisons l’expérience de l’espace constamment, et nous le voyons s’étendre de manière continue et complètement graduelle, de la plus petite à la plus grande échelle, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. L ’espace relie donc microcosme et macrocosme. Cette propriété de l’espace, de relier semble-t-il naturellement microcosme et macrocosme, est pourtant remarquable. Car autour de nous, dans les domaines de la connaissance les plus variés, établir un lien entre microcosme et macrocosme s’avère difficile, voire impossible.

    Après l’espace, la matière est l’autre grande composante du monde que nous connaissons. En essence, la matière se présente comme une discontinuité de l’espace, s’exprimant à travers une frontière dont l’étendue s’étend sur plusieurs niveaux, créant ainsi des "non-cohérences", dans la cohérence multi-niveaux supposée parfaite de l’espace dépourvu de matière. Il est moins question ici de proposer une théorie nouvelle, que de suggérer une manière différente de penser et d’aborder des questions essentielles, sous la forme d’un nouveau paradigme et potentiellement d’une nouvelle rationalité.

  • Schéma théorique des déterminants dynamiques de la production dans l’espace frontalier

    Date de publication : 17-01-2015
    Auteurs : 
    Auteurs : 
    Activité: 
    chercheurs

    On montre dans cet article les différences et les interdépendances qui existent entre frontières géographiques et économiques dans le cadre d’une analyse théorique entre les espaces transfrontaliers français et italiens. On démontre que la frontière inductrice de « spill over» géographiques1, devient un espace de centralisation au détriment du centre. Les villes situées de part et d’autre de la frontière franco-italienne jouant le rôle de relais. La modélisation mathématique fondée sur le rapport croissance économique/spécialisation économique soutenue remet en question la distinction centre/frontière dans laquelle la logique centre/périphérie fait place à une logique où chaque place a en même temps des aspects de centres et d’autres de frontières.

  • Élisée Reclus traducteur de Carl Ritter, passeur de la logique Tout/Partie

    Date de publication : 15-01-2015
    Auteurs : 
    Auteurs : 
    Activité: 
    professeurs honoraires
    Adresse: 
    Pontarlier

    Dans sa traduction de 1859 intitulée : De la configuration des continents sur la surface du globe et de leurs fonctions dans l’histoire Élisée Reclus coupe et modifie le texte original publié par Carl Ritter en 1852 : Über räumliche Anordnungen auf der Außenseite des Erdballs und ihre Functionen in Entwicklungsgange der Geschichten. Élisée Reclus y transmute le monde « humain » dominé par le « divin » de Carl Ritter en un monde « humain » à la recherche de l’harmonie avec la « nature » hors de toute transcendance. On pourrait supposer qu’à la suite d’un tel changement fondamental la logique spatiale de Carl Ritter disparaisse ou soit profondément altérée. Or, il n’en est rien : l’analyse de l’espace terrestre par Carl Ritter à l’aide d’un mode de pensée géographique fondé explicitement sur les rapports entre le Tout et les Parties résiste aux coupures et modifications d’Élisée Reclus. Dans sa traduction française, tout en supprimant les mots « Tout » (« Ganze ») et « Partie » (« Teil ») qui figurent dans l’original allemand, Élisée Reclus ne modifie pas l’utilisation que Carl Ritter fait de la logique Tout/Partie. Élisée Reclus continue d’ailleurs à l’utiliser implicitement dans sa Nouvelle Géographie Universelle (1876-1894) et dans L’Homme et la Terre (1905-1908).

     

    Suite à cette disjonction entre logique spatiale et causalité peut-on distinguer chez Élisée Reclus un niveau épistémologique (la théorie) qui serait autonome du niveau pratique (l’utilisation de la théorie pour promouvoir l’anarchie) ce qui justifierait de traiter sa pensée géographique indépendamment de son idéologie anarchiste ?

     

    Au cours d’un entretien dans sa maison de Clarens au bord du Léman avec un visiteur hollandais, Élisée Reclus a répondu par avance à cette manière de le débiter en parties rangées dans des tiroirs autonomes. « Après quelques minutes de causerie dans le cabinet de travail encombré de livres, de cartes déliées et de manuscrits, [son interlocuteur] fit une allusion polie à la Géographie Universelle, dont l’avant dernier volume allait paraître [1893] : « Oui, dit Reclus, je suis géographe, mais je suis avant tout anarchiste. » (H. ROORDA VAN EYSINGA, 1908, p. 186) »

     

    Cette façon de se présenter et se définir lui-même n’implique cependant pas que l’on puisse hiérarchiser le « personnage extraordinaire », « l’écrivain géographe », « le grand penseur » et le « passeur de logique » en réduisant le géographe Élisée Reclus à n’être qu’anarchiste. Mais symétriquement Élisée Reclus ne peut pas non plus être considéré comme étant avant tout un « géographe allemand » (FARINELLI, 2007) parce qu’il éprouvait une admiration et un amour filial pour Carl Ritter dont il voulait égaler l’Erdkunde. « A Bruxelles, [écrit-il en mars 1894] il me fallait en même temps lutter contre le Conseil d’administration de l’Université […] et maintenir ma dignité de géographe quoiqu’anarchiste et d’anarchiste quoique géographe. (RECLUS, 2010-2014, Tome III, p. 160) »

     

    Nous allons montrer qu’on ne peut subsumer l’homme dans un personnage car chez Élisée Reclus la foi athée de l’anarchiste est indissociable de la tradition nouvelle du géographe.

     

  • Décentralité/Centralité : ordre ou désordre ?

    Date de publication : 20-01-2011
    Auteurs : 
    Auteurs : 
    Activité: 
    professeurs
    Adresse: 

    En Europe, depuis le XVIIIe siècle, la notion de « centralité » a été considérée successivement ou simultanément comme « naturelle », « sociale », « économique », « rurale » et « urbaine ». Une première « théorie de la centralité » s’efforce d’intégrer toutes ces notions au milieu du XXe siècle en Allemagne. Ensuite, les recherches explosent dans les pays de langue anglaise pendant les années 60, dans les pays de langue française, espagnole et italienne dans les années 70, et enfin au Japon dans années 80, avant de se raréfier dans tous les pays. Récemment, cependant, elles sont redevenues d’actualité en histoire dans les pays de langue allemande où elles se rattachent directement aux théories initialement formulées en Allemagne au milieu du XXe siècle. Or, tous les types de « centralités » incluent une notion « d’ordre » considérée d’une part, comme la recherche d’une « relation intelligible » entre une « succession cohérente » de phénomènes perçus et d’autre part, un enchaînement reconstitué d’évènements qui peuvent être historiques. Mais cet « ordre central » est également « politique », soit que ses théoriciens cherchent à consolider l’ordre économique et social existant en l’aménageant de manière plus rationnelle, soit qu’ils projettent de le transformer. Cette interdépendance entre les idées scientifiques et les projets politiques des précurseurs de la « théorie de la centralité » est renforcée au XXe siècle par l’utilisation de la notion d’ordre métaphysique, racial ou commercial. Ceci étant, quel rôle joue la notion « d’ordre » pour comprendre ce qu’il est actuellement convenu d’appeler « théorie de la centralité » dont l’usage s’est généralisé et qui sert, entre autre, à interpréter les sociétés d’Ancien régime européennes aux XVIIe et XVIIIe ?

  • Logique Tout/Partie

    Date de publication : 20-01-2011
    Auteurs : 
    Auteurs : 
    Activité: 
    professeur honoraire, académicien
    Adresse: 
    15 rue Alfred de Musset 25300 PONTARLIER

    Sur l’objet primitif de la géographie, la Terre considérée comme un Tout, il est possible de différentier spatialement des Parties totalement disjointes comme les terres et les eaux ou des Parties qui se recouvrent partiellement comme les reliefs et les climats. Dans le premier cas, les terres et les eaux, la différentiation est faite directement à partir du Tout primitif, la Terre, tandis que dans le deuxième cas il faut passer par une différentiation intermédiaire, celle des terres pour le relief et celle de l’atmosphère qui couvre toute la Terre pour le climat. Mais, dans les deux cas, l’enchaînement du Tout et des Parties remonte, soit directement, soit indirectement, au Tout primitif, la Terre. On établit donc à chaque étape du raisonnement une relation spatiale entre au moins deux objets à la surface de la Terre qui exprime le fait que sur la Terre les Parties ne se conçoivent que dans le Tout. La suite linéaire exprimable sous la forme d’une règle: Tout différentié en Parties, Partie posée comme un Tout, Tout différentié en nouvelles Parties, etc. repose sur l’idée qu’il existe entre le Tout et les Parties une relation spatiale qui justifie cette différentiation.
    Les trois règles de la logique Tout/Partie expriment la possibilité de mettre en relation les Parties résultant de la différentiation de l’objet primitif Terre et d’en tirer les conséquences géographiques

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