CYBERATO Alter-perspectives disputables

NICOLAS Georges

  • Unité scientifique , unité idéologique

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    Est-il possible de minimiser les liens entre les scientifiques allemands du XXe siècle et l’idéologie nazie en proclamant qu’il ne faut pas « jauger trop hâtivement leurs constructions théoriques à l’aune d’étiquetages politiques » (Elsa Vonau, « A la recherche de l’unité perdue », Transeo 2-3, 2010) ?

    Contrairement à cette opinion, nous estimons qu’on ne peut pas isoler les processus épistémologiques de leur contenu idéologique. Ainsi, le repérage et le décodage des liens entre les idées scientifiques et l’idéologie nazie chez Walter Christaller et August Lösch sont essentiels pour comprendre ce qu’ils ont transmis ensuite à plusieurs générations de chercheurs. Ignorer ou nier ces liens dévalorise les longs efforts réalisés par des chercheurs allemands actuels qui sont retournés aux textes initiaux et qui ont utilisé les archives de l’époque nazie.

    Isoler pour des raisons épistémologiques le contenu scientifique d’une pratique idéologique revient à utiliser un autre étiquetage politique implicite a priori qui aboutit à d’autres contre-sens épistémologiques tout aussi susceptibles d’être suspectés.

    Pour étudier la théorie des lieux centraux et ses prolongement dans les théories de la centralité et les théories de l’aménagement du territoire il est nécessaire de pratiquer une méthode globale à la fois historiquement et épistémologiquement contextuelle. Dans ces théories, souvent abusivement confondues ou assimilées les unes aux autres, les idées scientifiques sont inséparables des idéologies de l’époque pendant lesquelles elles ont été formulées. Les idées totalitaires qui les ont nourries survivent dans les pseudo théories scientifiques qu’elles ont transmises.

     

     

  • Tout-Terre et Tout-Monde versus Monde-Point et Monde-Difforme

    Date de publication : 01-05-2013
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    Activité: 
    professeur honoraire
    Adresse: 
    15 rue Alfred de Musset 25300 PONTARLIER

    L’Einleitung zur allgemeinen vergleichenden Geographie (1852) rassemble sept textes publiés par Carl Ritter entre 1818 et 1852. Cette Introduction à la géographie générale comparée a été traduite dans son intégralité en 1974 par Danielle et Georges Nicolas-Obadia (1974).

    Les trois textes suivants publiés en 2005 par Anne Bretagnolle et Marie-Claire Robic utilisent un de ces sept textes : « Du facteur historique dans la géographie en tant que science (1833) ». Sur la base de l’utilisation partielle de ce texte les auteures proposent une interprétation des conséquences géographiques de la « Révolution des technologies de communication et représentations du monde » du XIXe au XXIe siècle exprimées sous la forme de « visions » du monde schématisées à l’aide de représentations graphiques.

    Selon Anne Bretagnolle et Marie-Claire Robic, Carl Ritter aurait été l’instigateur des deux plus anciennes « visions » : le « monde point » et le «monde déformé ». Cette interprétation ignore les recherches historiques et logiques menées depuis 1974 après publication de la traduction de l’Einleitung zur allgemeinen vergleichenden Geographie. Le but de cet article est d’examiner les trois textes d’Anne Bretagnolle et Marie-Claire Robic en tenant compte des résultats des recherches menées entre 1974 et 2005 ainsi que celles postérieures à 2005.

    Bretagnolle, Anne et Marie-Claire Robic (2005). « Révolution des technologies de communication et représentations du monde. 1 : Monde-point et monde difforme. » L'information géographique 69: 150-167 (abréviation : AB-MCR (2005), 1).

    Bretagnolle, Anne et Marie-Claire Robic (2005). « Révolution des technologies de communication et représentations du monde. 2 : Du petit monde au monde sans échelles. » L'information géographique 69: 168-183 (abréviation : AB-MCR (2005), 2).

    Bretagnolle, Anne et Marie-Claire Robic (2005). « Révolution des technologies de communication et représentations du monde. 3 : Au risque de l'expérimentation. » L'information géographique 69: 5-27 (abréviation : AB-MCR (2005), 3).

    Ces textes sont également en ligne sur : http://halshs.archives-ouvertes.fr:

    http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/15/27/74/PDF/art1envoi2.pdf

    http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/15/27/91/PDF/envoi2art2.pdf

    http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/15/28/19/PDF/bretagnolle_robic_.pdf

     

  • Hiérarchie des villes : des "lois" taillées sur mesure

    Date de publication : 25-09-2012
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    Activité: 
    professeurs

    La fascination exercée par la « loi du moindre effort », alias « loi rang-taille » et ses avatars successifs directs (« distribution », « courbe », « droite », « modèle ») ou dérivés (« loi de la primatie », « loi de la métropolisation ») tient pour une bonne part à son expression mathématique qui lui donne un sceau a priori scientifique, mais surtout à son statut intermédiaire entre l’observation, la recherche historique et la théorie des lieux centraux.

     En réalité il ne s’agit que d’une relation linéaire d’un type particulier (droite log-log) entre la population des villes et le rang de ces villes quand on les range de manière croissante ou décroissante. Le fait de restreindre cette observation connue depuis le début du XIXe siècle à l’observation du rapport entre la population de l’agglomération la plus peuplée (métropole) et l’ensemble de la population urbaine, n’en fait pas une loi géographique.

     Il s’agit d’un rapport simple entre la « population métropolitaine » et la « population urbaine », sans autre portée que statistique. C’est une « fonction puissance » (« power law ») permettant de représenter une relation dissymétrique entre deux variables (« power law graph »), sans signification géographique ou historique particulière. A condition d’en restreindre l’utilisation à des Parties historiquement justifiées de la surface de la Terre, cette technique de quantification est utile pour décrire les semis de villes sans pouvoir les interpréter à l’aide de cette relation linéaire d’un type particulier.

     En revanche la multiplicité des droites log-log obtenues ne justifient en rien leur utilisation pour légitimer l’affirmation que la pseudo « théorie de lieux centraux » est le fondement de la compréhension scientifique du semis ou des réseaux de villes. Il s’agit en effet d’une réduction d’un grand nombre d’histoires urbaines à travers le monde dont les spécificités ne sont pas réductibles et cumulables à l’aide d’une « rationalité idéale ».

    Nicolas, Georges et Radeff, Anne, « Hiérarchie des villes : des « lois » taillées sur mesure », Cyberato. Travaux et Mémoires. Texte mis en ligne en septembre 2012 URL : http://cyberato.pu-pm.univ-fcomte.fr/sites/default/files/cyberato/nicolas-georges/publications/travaux-memoires/cyberato_loi_rang_taille_sur_mesure2.pdf

  • Walter Christaller est-il encore utilisable en 2012 ?

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    Walter Christaller est un opportuniste dont les idées sont intrinsèquement totalitaires. Il n’est donc pas nécessaire de s’interroger pour savoir s’il était un « fasciste » (Bunge 1977) ou s’il était un « outsider » dramatiquement impliqué dans les tourmentes de l’histoire contemporaine (Schultz 1980): il était tout simplement un nazi (Aly et Heim 2006) après avoir été un social-démocrate, avant de devenir un  communiste puis de redevenir un social-démocrate (Hottes, Roth et al. 1983).


    Lorsqu’on utilise ses idées en essayant de faire abstraction de leur contenu racial, qu’on le veuille ou non, on récupère leur contenu totalitaire! Accepter la problématique de Walter Christaller n’est pas idéologiquement « neutre » et encore moins scientifiquement « impartial ».


    NICOLAS Georges, cyberato.org, forum, disputatoire ; mis en ligne : lundi 25 juin 2012, modifié : lundi 6 août 2012.


     

  • Die zentralen Orte: Übersetzung als "Normalisierung" einer fehlerhaften Theorie

    Date de publication : 05-04-2012
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    Walter Christallers Buch Die zentralen Orte in Süddeutschland (1933)ist bis heute eine der bekanntesten theoretischen Grundlagen für Geographie und Raumplanung.

    Die Akzeptanz des Christallerschen Modells der zentralen Orte ist bis in die Gegenwart international ungebrochen, obwohl in den letzten Jahrzehnten immer wieder grundsätzliche Einwände gegen die Richtigkeit und Plausibilität des Zentrale-Orte-Modells formuliert worden sind. Die beiden hier veröffentlichten Präsentationen zeigen auf, in welcher Weise unrichtige und irreführende Übersetzungen von Christallers Arbeit die enthaltenen Fehler verschleiert und zur internationalen Verbreitung der Theorie beigetragen haben.

     

    Die erste Präsentation"Die Übersetzung Walter Christallers als « cadavres exquis »"verdeutlicht, wie die verkürzteund fehlerhafte englische Übersetzung von Diezentralen Orte in Süddeutschland aus der Zeit zwischen1954 und1966 zur Grundlage für die internationale Akzeptanz des Zentrale-Orte-Modells als "normale Wissenschaft" geworden ist. Spätere, nicht-englischsprachige Übersetzungen haben sich auf diesen Text bezogen und in einer Art "Stille-Post-Spiel" einmal etablierte Fehler weiter verbreitet.

     

    Der zweite Beitrag: "Übersetzung & Fiktion. Internationalisierung als Rechtfertigung der Zentrale-Orte-Forschung in der Bundesrepublik" beschäftigt sich mit den Rückwirkungen, welche die internationale Aufnahme des Zentrale-Orte-Modells für Raumforschung und Landesplanung in der Bundesrepublik Deutschland gehabt hat. Seit 1965 ist die Förderung von zentralen Orten ein gesetzlich kodifiziertes Ziel staatlicher Landesplanung in der Bundesrepublik. Für Forscher und Raumplaner in Deutschland ist die Übersetzung von Christallers Arbeit keine Vorbedingung gewesen, um sich mit diesem Modell zu beschäftigen. Trotzdem hat die internationale Aufnahme des Modells Rückwirkungen auf die Raumplanung in der Bundesrepublik gehabt: Die internationale Akzeptanz des Zentrale-Orte-Systems war für Vertreter der Raumplanung in Deutschland ein wichtiges Argument, um die vorherige Anwendung des Modells in der Raumplanung des NS-Staates zu verschleiern und seine Festschreibung in staatlichen Entwicklungsplänen und Gesetzen der Bundesrepublik durchzusetzen.

     

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