CYBERATO Alter-perspectives disputables

Idéologies dans les sciences

  • Walter Christaller : les « principes » (« Prinzipien ») d’un géographe totalitaire opportuniste

    Date de publication : 03-08-2015
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    professeurs honoraires

     

    Ce texte sur lesprincipes de Walter Christaller, restitués dans leur intégralité et leur actualité, montre que si on utilise ses idées en les considérant comme « scientifiques » au prix d’un tri sélectif ou d’associations improbables (« cadavres exquis »), qu’on le veuille ou non, on récupère leur contenu totalitaire. Accepter la problématique de Walter Christaller n’est pas idéologiquement « neutre » et encore moins scientifiquement « impartial ».

    Pour Walter Christaller en effet, dans la nature inorganique et organique, l’ordonnancement d’une masse autour d’un noyau, l’ordre central, est l’image spatiale de l’ordre d’appartenance commune qui est un besoin fondamental de l’être humain. La fusion géométrique de l’inorganique et de l’organique dans les lieux centraux et sa représentation à l’aide de schémas triangulo-hexagonaux réguliers, infiniment reproductibles et extensibles, lui permet de faire de l’espace un décor idéal qui fascine les spectateurs et les utilisateurs par sa régularité, son équilibre et sa puissance. La totalité de la nature inorganique et organique cristallisée dans lieux centraux révèle l’existence d’un ordre universel et permanent. La représentation des principes qui déterminent les rapports entre les lieux centraux à l’aide de schémas confère ainsi une puissance spectaculaire et irrésistible à l’exposition de ses idées totalitaires.

    Pour citer ce texte :

    NICOLAS Georges et RADEFF Anne,  « Walter Christaller : les « principes » (« Prinzipien ») d’un géographe totalitaire opportuniste », In : Cyberato, Alter-perspectives disputables, Rubrique : Publications, Travaux et Mémoires, août 2015: www.cyberato.org

     

  • Décentralité/Centralité : ordre ou désordre ?

    Date de publication : 20-01-2011
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    professeurs
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    En Europe, depuis le XVIIIe siècle, la notion de « centralité » a été considérée successivement ou simultanément comme « naturelle », « sociale », « économique », « rurale » et « urbaine ». Une première « théorie de la centralité » s’efforce d’intégrer toutes ces notions au milieu du XXe siècle en Allemagne. Ensuite, les recherches explosent dans les pays de langue anglaise pendant les années 60, dans les pays de langue française, espagnole et italienne dans les années 70, et enfin au Japon dans années 80, avant de se raréfier dans tous les pays. Récemment, cependant, elles sont redevenues d’actualité en histoire dans les pays de langue allemande où elles se rattachent directement aux théories initialement formulées en Allemagne au milieu du XXe siècle. Or, tous les types de « centralités » incluent une notion « d’ordre » considérée d’une part, comme la recherche d’une « relation intelligible » entre une « succession cohérente » de phénomènes perçus et d’autre part, un enchaînement reconstitué d’évènements qui peuvent être historiques. Mais cet « ordre central » est également « politique », soit que ses théoriciens cherchent à consolider l’ordre économique et social existant en l’aménageant de manière plus rationnelle, soit qu’ils projettent de le transformer. Cette interdépendance entre les idées scientifiques et les projets politiques des précurseurs de la « théorie de la centralité » est renforcée au XXe siècle par l’utilisation de la notion d’ordre métaphysique, racial ou commercial. Ceci étant, quel rôle joue la notion « d’ordre » pour comprendre ce qu’il est actuellement convenu d’appeler « théorie de la centralité » dont l’usage s’est généralisé et qui sert, entre autre, à interpréter les sociétés d’Ancien régime européennes aux XVIIe et XVIIIe ?

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