CYBERATO Alter-perspectives disputables

NICOLAS Georges

  • Logique Tout/Partie

    Date de publication : 20-01-2011
    Auteurs : 
    Auteurs : 
    Activité: 
    professeur honoraire, académicien
    Adresse: 
    15 rue Alfred de Musset 25300 PONTARLIER

    Sur l’objet primitif de la géographie, la Terre considérée comme un Tout, il est possible de différentier spatialement des Parties totalement disjointes comme les terres et les eaux ou des Parties qui se recouvrent partiellement comme les reliefs et les climats. Dans le premier cas, les terres et les eaux, la différentiation est faite directement à partir du Tout primitif, la Terre, tandis que dans le deuxième cas il faut passer par une différentiation intermédiaire, celle des terres pour le relief et celle de l’atmosphère qui couvre toute la Terre pour le climat. Mais, dans les deux cas, l’enchaînement du Tout et des Parties remonte, soit directement, soit indirectement, au Tout primitif, la Terre. On établit donc à chaque étape du raisonnement une relation spatiale entre au moins deux objets à la surface de la Terre qui exprime le fait que sur la Terre les Parties ne se conçoivent que dans le Tout. La suite linéaire exprimable sous la forme d’une règle: Tout différentié en Parties, Partie posée comme un Tout, Tout différentié en nouvelles Parties, etc. repose sur l’idée qu’il existe entre le Tout et les Parties une relation spatiale qui justifie cette différentiation.
    Les trois règles de la logique Tout/Partie expriment la possibilité de mettre en relation les Parties résultant de la différentiation de l’objet primitif Terre et d’en tirer les conséquences géographiques

  • La logique tout/partie, carrefour des géographies et de la cartographie

    Date de publication : 20-01-2011
    Auteurs : 
    Activité: 
    professeur honoraire
    Adresse: 
    15 rue Alfred de Musset 25300 PONTARLIER

    La géographie est traditionnellement présentée comme la description de la Terre.
    A la surface de la Terre les objets ont tous un lieu.
    Le lieu n’est pas la localisation car dans une même localisation il peut y avoir plusieurs objets donc plusieurs lieux.
    La logique Tout / Partie permet de traiter ce problème et de donner une définition du lieu-objet.

  • Centre : genèse du mot en français

    Date de publication : 20-01-2011
    Auteurs : 
    Auteurs : 

    Ce texte propose une genèse succincte du mot « centre », en relation avec le mot « ville ». Il ne s’enferme cependant pas dans le champ de « l’urbain ». Il montre les liens avec la ruralité, l’économie, le social et la politique. Bien qu’il traite de ce mot en français, il fait les incursions nécessaires dans les autres langues, anciennes ou actuelles, pour en comprendre l’évolution et les usages. En particulier, il examine les problèmes posés par les transferts lors de traductions. Enfin, il accorde une attention spécifique aux contextes idéologiques dans lesquels les transferts de mots ont été faits. Il suggère que l’usage du mot « centre » soit soumis à des restrictions pour éviter des abus, des anachronismes et un renforcement de l’emprise des idéologies sur les démarches scientifiques.

  • « Walter Christaller : du « cadavre exquis » au « cadavre ressuscité » »

    Date de publication : 20-01-2011
    Auteurs : 

    Cet article a été originellement publié en anglais dans la revue SAPIENS et l'article original est disponible à l'adresse suivante : http://sapiens.revues.org/index852.html

    Dans la plupart des géographies actuelles les représentations spatiales utilisées regroupent des ensembles de lieux-objets différentiés dont les localisations peuvent être repérées (directement ou indirectement) à la surface de la Terre à l’aide de la latitude, la longitude et l’altitude en utilisant des systèmes de projection de cette surface sur un plan. Or, les espaces définis à l’aide de systèmes de projection cartographiques sont indépendants des lieux-objets qui y sont représentés. Une fois les lieux-objets représentés à l’aide d’un espace de projection, les espaces cartographiques ainsi générés permettent de combiner et de voir les lieux-objets sous forme de géo-métrisations qui donnent naissance à des géo-visualisations. Cependant, ces géo-visualo-métrisations présumées « objectives » peuvent être utilisées pour formuler des géo-interprétations déterminées d’un côté par le choix a priori d’un système de projection par l’observateur et de l’autre par des croyances et des idéologies exprimées à l’aide de géo-visions explicites ou implicites.

    Une des géo-interprétations les plus connues est l’image idéale générée par une géo-vision proposée par Walter Christaller en 1933 (Die zentralen Orte in Süddeutschland) à l’aide de laquelle il prétend expliquer la fonction « centrale » d’un lieu-objet à la surface de la Terre en se servant d’une géo-métrisation de sa localisation dans un système triangulo-hexagonal régulier. Or, le schéma géométrique utilisé par Walter Christaller pour résoudre le problème qu’il a posé est mathématiquement faux. En plus, comme il n’est pas arrivé à vérifier empiriquement la validité géographique de sa géo-interprétation, Walter Christaller a affirmé sans démontrer, diffusé des résultats numériques faux et proclamé la supériorité de ses schémas explicatifs en utilisant un concept « d’adéquation de sens » entre la réalité et l’idéalité, les « inadéquations » historiques ou naturelles étant interprétées comme des «anormalités ».

    Dans cette optique, pour les continuateurs de Walter Christaller une théorie dont une des principales composantes est réfutée par la description de la réalité reste une théorie valable s’il est possible d’en construire un « modèle » qui reste « utile » à défaut d’être scientifiquement valable. La méthode utilisée est celle du « cadavre exquis » qui consiste à mettre des idées considérées comme « vraies » avec des idées dont on sait qu’elles sont « fausses » en croyant que les vraies neutraliseront les « fausses » et les rendront « vraies ». Ce mouvement d’amputation-greffe s’est poursuivi sans interruption depuis la fin de la deuxième guerre mondiale avec des phases d’accélération et de ralentissement asynchrones entre les différentes aires géographiques linguistiques concernées (allemand, anglais, français, espagnol, estonien, italien, japonais, néerlandais, russe, suédois etc.).

    Cette prétendue « théorie » a été sauvée en négligeant ou oubliant les contradictions entre les observations et les énoncés théoriques, en procédant à des coupures-censures dans Die zentralen Orte in Süddeutschland, en abandonnant ou en simplifiant les schémas triangulo-hexagonaux idéaux « explicatifs », en attribuant abusivement certains des schémas d’autres auteurs à Walter Christaller, en renversant l’ordre dans le raisonnement sur le « système des lieux centraux » et enfin en proposant des interprétations géométriques contradictoires des « principes ».

    En dépit de la sophistication de leurs méthodes et de leur haut degré de technicité, les résultats de la fabrication de formes à l’aide du matériel fourni par la géomatique et l’analyse de données (« data analysis ») sont pareillement soumises aux contraintes résultant des rapports entre « géo visualisations » dérivées des « géo-métrisations » et « géo-visions » qui peuvent être liées au concept de « centre » détaché de son sens mathématique initial, comme dans la prétendue « théorie de la centralité ». L’idée de « centre » devient alors un concept géographique toxique.

  • Biographie de Walter Christaller

    Date de publication : 20-01-2011
    Auteurs : 

    Deux constantes se retrouvent dans tous ses travaux. La première est qu'il existe un « ordre central » (eine zentralistische Anordnung), forme élémentaire de « l'ordre d'appartenance commune » (Ordnung von Zusammengehörigen), dans la nature inorganique et organique. « Cet ordre n'est pas seulement une forme de pensée qui n'existerait que dans le monde de la représentation humaine et qui serait née uniquement du besoin d'ordre de l'homme, mais il existe réellement à partir de lois internes à la matière ». La seconde est qu'il faut aménager la réalité par la force s'il le faut quand elle n’est pas « normale », c'est-à-dire non conforme au système idéal des lieux centraux.

Syndiquer le contenu